⛰ De quoi parle ce livre ?

Après une brève explication de concepts (holons et niveaux de conscience), Ken Wilber nous invite à découvrir une théorie qui s’applique dans tous les domaines qui existent au monde. L'”approche intégrale” est une manière d’appréhender le monde qui semble se vérifier dans une multitude de domaines. Cette manière de voir le monde ouvre également de nouveaux horizons d’un point de vue spirituel.

🔍 Comment j’ai découvert ce livre ?

Jean-Charles Kurdali et Eliott Meunier ont beaucoup parlé de ce livre en disant qu’il leur avait apporté la clé de compréhension sur le monde qu’il leur manquait. Je voulais également trouver une nouvelle façon d’aborder la spiritualité et donc ce livre était l’occasion de le faire.

🧠 Pensées personnelles

Un livre qui vous sortira à coup sûr de votre zone de confort. Les concepts abordés sont vraiment à contre-courant de notre société, basée sur la science et l’observable. Bien que l’ensemble soit très sensé, il faut s’accrocher lors des passages sur la spiritualité qui donnent l’impression de lire les écrits d’un drogué aux hallucinogènes. Mais l’ensemble est si cohérent qu’on a presque envie d’y croire ! Peut-être qu’un certain chemin spirituel doit être réalisé afin de confirmer ou d’infirmer la description que fait Ken Wilber des niveaux supérieurs de conscience.
L’approche intégrale m’aura quant à elle permis d’appréhender plus facilement le monde, de mieux le comprendre et surtout de mieux réagir.

🥰 Qui aimera ce livre ?

Ce livre nécessite une certaine ouverture et une certaine patience. Attendez-vous à être bousculé dans vos certitudes sur le monde et à devoir tout de même continuer la lecture. Il nécessite également de prendre des notes pour saisir toutes les subtilités du discours de Ken Wilber. Je le recommanderais aux gens qui, comme moi, souhaitent avoir une nouvelle approche de la spiritualité ou un regard nouveau sur le monde.

🚀 Le livre en 3 phrases

  1. Le monde peut être interprété sous quatre prismes différents. Ensemble ils permettent de décrire le monde dans leur intégralité. Ce sont les quatre cadrans.
  2. Le monde se dirige inexorablement vers plus de profondeur, de complexité, de conscience.
  3. La science domine aujourd’hui la spiritualité et la morale. C’est l’enjeu de notre époque que de rééquilibrer ces trois Grands domaines entre eux et de leur permettre de s’intégrer entre eux.

🎨 Impressions

Ce livre nous donne une perspective globale du monde qui sort du lot. C’est novateur bien que le livre date de 1996. Mais je ne sais pas si j’aime cette vision du monde parce que j’ai l’impression de me sentir supérieur aux autres (besoin d’estime de soi de la pyramide de Maslow) , de faire partie de l’élite qui comprend ou si c’est parce que cette vision me convainc vraiment. 

☘️ Comment le livre m’a changé

Ce livre renforce ma conviction que les problèmes actuels ne seront résolus qu’au travers de l’éducation et de la solidarité planétaire, notamment par l’élimination de la pauvreté dans le monde (voir Factfulness). Il m’a rendu plus ouvert d’esprit et plus tolérant. J’arrive désormais mieux à saisir de quoi il s’agit lorsqu’on me parle d’intelligence émotionnelle ou de spiritualité.

✍️ Mes 3 meilleures citations

“Vous ne pouvez vraiment aimer quelqu’un jusqu’à ce que vous puissiez comprendre son point de vue et peut-être même choisir de le placer au-dessus du vôtre”

“Ce n’est qu’en m’élevant au-dessus de ces positions moins profondes (biocentrisme, égocentrisme, ethnocentrisme), qu’en adoptant une perspective plus profonde ou plus élevée (mondocentrique), que je trouve mes propres aspirations les plus élevées et mon propre moi le plus vrai.

Plus grande est la profondeur d’une société, plus grand est le fardeau qui pèse sur l’éducation et la transformation de ses citoyens.

📒 Résumés et notes

 

Introduction

 

Différences biologiques entre homme et femme et impact culturel

Constat de différentes valeurs selon le sexe

Il existe des différences très marquées entre les systèmes de valeur masculin et féminin – et ce, tant sur le plan biologique que culturel :

– Les hommes ont tendance à l’hyperindividualisme et mettent l’accent sur l’autonomie, les droits, la justice et l’« agence » (la coordination entre les entités). Ils craignent davantage les relations interpersonnelles.
– Les femmes ont tendance à être plus éveillées au relationnel et à mettre l’accent sur la communion, la sollicitude, les responsabilités et les relations interpersonnelles. Elles ont tendance à craindre l’autonomie.

Explications par la psychologie évolutive

La « psychologie évolutive » désigne les effets de l’évolution biologique sur les traits psychologiques. Cela explique qu’homme et femme n’aient pas les mêmes valeurs.

Pendant des années la pensée dominante fut que la femme était un homme à qui il manquait quelque chose. Alors aujourd’hui la tendance s’inverse par rancœur et les hommes sont désignés comme femme à qui il manque des sentiments.

L’impact des hormones

La testostérone amène les pulsions de tuer et de copuler. L’ocytocine amène les pulsions de créer du lien de la relation, du contact, de l’étreinte. Ces hormones permettaient il y a 5000 ans un coït rapide et un élevage de l’enfant correct.

Les cultures et le patriarcat sont liés aux caractéristiques biologiques. L’homme est naturellement plus fort et agile et la femme peut accoucher et allaiter. Elle devait donc se mettre en retrait pour éviter de faire des fausses couches. C’est un but évolutif.

Aujourd’hui ces limites sont dépassées et doivent être incluses dans un nouvel ensemble. C’est un nouvel équilibre culturel sans effacer nos différences biologiques que nous devons atteindre.

Les féministes s’enferment dans un monde qu’elles dénoncent

Quand les féministes affirment que les hommes ont réussi par une supériorité quelconque à opprimer la moitié de l’humanité depuis plus de 5000 ans, elles ne font que renforcer leur place comme mouton dans cette narration. Ce portrait définit principalement les femmes comme façonnées par un Autre. Pourtant, c’est précisément l’image des femmes qu’elles disent vouloir effacer que ces féministes tiennent pour acquise et renforcent.

Mais les hommes ne sont tout simplement pas aussi tyranniques et les femmes pas aussi moutonnières.

Cause de la genèse du patriarcat

Les structures sociales se sont développées par nécessité, souvent physique et biologique. De plus, une société patriarcale est souvent plus dure sur les hommes, qui ont plus besoin de la force physique.

À chaque stade de l’évolution de l’humanité, hommes et femmes ont cocréé les formes sociales de leurs interactions en se basant en partie sur différences biologiques.

Cause de l’émancipation de la femme

Ce n’est pas que les femmes soient tout à coup devenues brillantes, fortes et déterminées, après des millions d’années d’oppression. C’est que, pour la première fois dans l’Histoire, les structures sociales avaient évolué jusqu’à un point où, sur le plan culturel, la force physique ne déterminait plus le pouvoir de manière aussi écrasante. La biologie n’était plus synonyme de destin.

Une direction vers laquelle évoluer

Des droits égaux ne peuvent jamais être atteints dans la biosphère (la nature au sens monologique), où le gros poisson mange le petit poisson; mais ils peuvent être atteints – ou du moins visé – dans la noosphère (lorsqu’une conscience existe).

Le féminisme libéral s’est élevé à cette époque de l’Histoire, et pas avant cette époque, pour annoncer cette nouvelle vérité émergente – dans la noosphère, les femmes méritent des droits égaux. Cette une vérité découle de l’atteinte d’un niveau de conscience suffisant par l’humanité.

La vision ascendante et descendante du monde

Wilber revient sur un de ses livres (sex, ecology and spirituality). Selon lui, deux croyances principales et duelles (qui s’opposent) séparent le monde. La tradition ascendante et descendante. L’ascendant privilégie la transcendance de l’être humain, mais dénigre le côté sensoriel (Jésus) alors que le descendant nie la transcendance pour se concentrer sur ce qu’il peut voir (Gaïa).

L’évolution ultime consiste à mixer les deux visions pour une qui utilise le sensoriel, mais accepte le plus grand que soi. Tous ces aspects seront abordés dans la partie 3 du livre.

Partie I : l’Esprit en action

Le schème de connexion

Un consensus existe sur le développement moral humain. Il dit que l’être humain est d’abord préconventionnel (enfant), conventionnel (jeune adulte) c’est-à-dire en phase moralement avec la société, puis post conventionnel, c’est-à-dire qu’il prend suffisamment de recul sur la société pour ériger ses propres valeurs morales.

Une généralisation d’orientation est un vaste consensus dans un domaine. Il permet de ne pas se disperser et de distinguer dans la masse une sorte de vérité. En prenant uniquement des généralisations d’orientation dans tous les domaines, il est plus facile de distinguer des tendances. C’est ainsi que Ken Wilber souhaite nous détailler le monde dans ce livre. Nous apporter une vision globale du “tout”.

Le Kosmos

Le Kosmos est un tout qui contient 3 domaines principaux :

  • matière (ou physiosphere ou cosmos)
  • vie (biosphère). Séparée de la matière par la capacité de se reproduire.
  • mental (noosphere) (le divin (theosphere)) La capacité de former des images mentales marque le début de la noosphere.
Les différentes parties du Kosmos classées par profondeur

Les holons et les principes qui les régissent

Ken Wilber cite 20 principes qui s’appliquent aux holons et se répètent dans les 3 domaines du Kosmos cités précédemment. Voici ceux qui me paraissent les plus importants.

1) La réalité se compose de holons.

Un holon étant un tout en soi ou une partie d’un tout. Le plus petit étant forcément encore divisible en holon et le plus grand n’existant pas encore, car “le tout d’aujourd’hui sont les parties de demain”. Le Kosmos est donc constitué de tout/partie et pas seulement de tout ou de partie.

2) Niveau horizontal des holons.

Les holons partagent certaines caractéristiques. Ils doivent maintenir leur totalité (identité, autonomie, agence (le fait d’interagir entre eux) et leur partialité (s’intégrer à un autre environnement).

3) Le niveau vertical des holons.

Les holons incorporent d’autres holons pour en créer de nouveau plus grands. C’est l’autotranscendance. L’évolution est un processus autotranscendant : elle va au-delà de ce qui existait avant. Il y a aussi le mouvement inverse, l’autodissolution.

4) La pulsion autotranscendante des holons.

Le processus continu d’autotranscendance produit des discontinuités, des sauts, des bons créatifs. Les holons émergent.

5) Les holons possèdent des propriétés qui leur sont propres

La totalité du holon ne se trouve dans aucune de ses parties.
Par exemple : Vous pouvez démonter une montre, aucun de ses composants ne vous donnera l’heure.

6) Les holons ont une direction : l’impulsion secrète

La direction prise a la création d’un holon est appelé Telos ou pulsion formatrice. L’évolution ira toujours vers la recherche de plus de profondeur.

Les calculs effectués par les scientifiques prouvent systématiquement que douze milliards d’années ne suffiraient pas au hasard pour produire ne serait-ce qu’un seul enzyme. Donc quelque chose d’autre que le hasard pousse l’univers. Le hasard est précisément ce dont triomphe la pulsion autotranscendante du Kosmos.

On peut visualiser cette force qui donne une direction à nos vies (l’évolution) comme Dieu. Et non pas l’imaginer comme un être extérieur ou intégré aux choses qu’il a créé.

7) L’holarchie une hiérarchie particulière.

Les holons émergent holarchiquement. Une holarchie est une hiérarchie naturelle qui est à différencier d’une hiérarchie de domination.

On obtient une hiérarchie de domination lorsqu’un holon usurpe sa position et tente de dominer l’ensemble. Qu’il veut être un tout et pas seulement une partie. Les gens n’aiment pas ce genre de hiérarchie.
Par exemple une cellule cancéreuse domine le corps. Un dictateur fasciste domine le système social.

La solution est de remettre ce holon a sa place, pas de supprimer la hiérarchie. En effet on ne peut pas échapper à la hiérarchie puisque le Kosmos est composé de holons et que les holons existent holarchiquement. Distinguez seulement holarchies normales et holarchies pathologiques ou de domination.

C’est de cette manière que la biosphère est supérieure à la physiosphere.

8) Classer le Kosmos en niveaux

La physiosphere fait partie de la totalité qu’est la biosphère laquelle fait partie de la totalité qu’est la noosphere et pas l’inverse (voir schéma précédent).

Le nombre de niveaux dans n’importe quelle holarchie est ce qu’on appelle sa profondeur. Le nombre de holons à un niveau donné est ce qu’on appelle son étendue. Par exemple 7 milliards sont l’étendue du holon humain qui se trouve lui-même au moins à la profondeur de la noosphère puisque nous sommes doués de conscience.

Ce qui fixe un niveau est arbitraire. L’important est que nous ayons la même holarchie même si nous n’avons pas autant de niveaux entre nos perceptions.
Par exemple : Atome<molécule< cellules = 3 niveaux, Mais on aurait pu faire : Quark<atome<cristaux<molécule<cellule = 5 niveaux Pourtant l’holarchie reste la même, il y a juste plus de niveaux

9) La rareté de la profondeur

L’évolution produit plus de profondeur et moins d’étendue. C’est pour ça que les gens se trompent entre les deux.
Exemple : Il y a moins d’organismes que de cellule, moins de cellules que de molécules, moins de molécules que d’atome.

Tous les êtres vivants ne sont pas égaux. Ils n’ont pas tous la même profondeur et de ce fait la même holarchie.

L’avancé de l’évolution est assez aléatoire, mais tend à augmenter la profondeur. C’est la pulsion, la direction, l’autotranscendance du Kosmos. Aller au-delà de ce qui était auparavant et inclure ce qui était auparavant.

Conscience et profondeur sont synonymes, donc on arrive à la conclusion suivante : l’évolution déploie plus de conscience.

10) La théorie des systèmes

Les holons transcendent et inclus les niveaux précédents. De nouveaux niveaux d’organisation apparaissent et ils ne peuvent être réduits dans tous leurs aspects à leur dimension subordonnée, car ils ont de nouvelles capacités qui ne se résument pas à la somme des capacités de leurs composants.

“Tout ce qui fait partie de l’inférieur se trouve dans le supérieur, mais tout ce qui fait partie du supérieur ne se trouve pas dans l’inférieur” Aristote.

Classer les niveaux en supérieur et inférieur est difficile et mal toléré par les gens. Mais avec le principe des holons cela devient facile. Pour identifier ces niveaux, il suffit de se demander : si on détruit un type de holon, quels types de niveaux y résistent ? Ceux qui sont détruits sont les supérieurs, ceux qui restent sont les inférieurs.

 

L’évolution de l’être humain, de ses niveaux de conscience et de sa vision du monde.

L’évolution de l’être humain lui-même montre une volonté d’aller de la physiosphere vers la biosphère puis vers la noosphere.

Illustration de l’imbriquement des niveaux entre eux. Un niveau supérieur transcende et inclut le niveau inférieur. Il a plus de profondeur et moins d’étendue (moins d’effectifs qui atteignent ce niveau)

 

Les visions du monde qu’avaient les cultures ont aussi évoluée. Elles sont passées de l’archaïque, au magique, au mythique,  et enfin au rationnel puis bientôt à une vision existentielle. Ces visions correspondent à des bases technico-économiques auxquelles se trouvaient ces sociétés. Ces bases étaient respectivement la chasse/cueillette, l’horticole, l’agraire, l’industriel et enfin l’informationnel.

À partir de ces stades technico-économiques, Ken Wilber nous dépeint le monde, les visions du monde, les méthodes technologiques, les codes légaux, les types de religion et la relation homme femme. Chaque stade atteint un jour ou l’autre ses propres limitations intrinsèques, ce qui peut servir de déclencheur à la pulsion autotranscendante. S’en suit une sorte de chaos. Soit le système s’effondre, soit il évolue vers un degré supérieur d’ordre.

Les vieux problèmes sont résolus ou désamorcés seulement pour introduire des difficultés nouvelles parfois plus complexes. Lorsqu’on compare des époques entre elles, les nostalgiques se contentent de prendre les problèmes du niveau supérieur pour les comparer aux accomplissements des niveaux inférieurs.

Chasse/cueillette

Il y a entre 1 million d’années et 400 000 ans. 40 personnes par tribu. Espérance de vie, 22,5 ans. Dégradation de la nature par pure ignorance. Les hommes chassent, les femmes cueillent sans différence de statut. Il y a “familiarisation du mâle” qui apporte de la nourriture (chasse) et reste pour ses enfants.

Horticole

C’est l’agriculture qui a permis de passer du tribal à l’intertribal 10 000 ans av. J.-C.. L’espérance de vie est alors de 25 ans. Les hommes partent toujours à la chasse, mais 80% des aliments sont produits par des femmes. De ce fait, les divinités de ces sociétés étaient aux deux tiers féminines.

Agraire

Entre 4000 et 2000 av. J.-C.. À partir de ce moment, les aliments étaient presque uniquement produits par les hommes, car les femmes enceintes ne pouvaient pas manier les équipements, qui comprenaient les animaux, sous peine de faire des fausses couches. C’est donc le début de la polarisation des rôles sexuels.

Les hommes ont un rôle dans la sphère publique de production. Les femmes ont un rôle dans la sphère intime (foyer, famille) de reproduction.

Cependant, avec l’agriculture avancée, l’excédent de nourriture a libéré un grand nombre d’hommes de la production alors que les femmes étaient toujours bloquées dans la reproduction.

Cela a permis aux hommes de laisser libre cours à leur pulsion de “tuer” de la testostérone et d’inventer les mathématiques, l’écriture, la métallurgie. Cela a permis de créer des méthodes de guerre spécialisées qui ont permis l’émergence des premiers empires (Alexandre le Grand en 3000 av. J.-C.). C’est donc de l’émergence de cette agriculture productive qu’on atteint l’état nation moderne.

De plus avec cette capacité de réflexion, l’esprit n’est plus considéré comme externe (dieux, nature), mais interne (réflexion, méditation). Cette période est appelée axiale.

Industrielle

La modernité désigne la période des lumières. L’industrialisation a permis à la société d’arrêter de se reposer sur la seule force physique des hommes et donc de donner un peu de droits aux femmes.

Le problème c’est que l’industrialisation a apporté des moyens d’impacter bien plus l’écosystème. Elle doit donc être couplée à la science pour limiter les dégâts par ignorance.

La grande révolution post-moderne

La théorie moderne (sur la base technico-économique industrielle donc) voulait que l’homme fût un “cartographe” qui essayait de trouver la vérité dans un monde empirique en dressant des “cartes”, en le décrivant par des termes objectifs dénués d’interprétation personnelle.

Cependant la théorie post-moderne (Nietzsche, Hegel, Kant…) s’oppose à cette vision en disant que le monde observé dépend bien plus du contexte, de l’individu qui observe ce monde et agit sur lui que du monde lui-même.

Deux chemins de pensée post moderne

La vision du monde est le mental de l’esprit (comprendre noosphere) et la base technico-économique est le corps. Ces corps/mental évoluent et donnent naissance, lorsqu’ils saisissent leurs limites, à de nouveaux mondes. Nous le verrons par la suite.

Le dilemme cartésien dit qu’il est difficile de dresser une carte fidèle du monde. Mais cette théorie considère le cartographe externe au monde alors que celui-ci fait partie du monde. Le monde l’influence et, de ce fait, sa représentation ne sera jamais parfaitement objective. Est-ce qu’il passe à côté de la vérité pour autant ? Pas vraiment, car la vie, l’évolution sont sur un chemin dont ils ne peuvent dévier.

Il y a donc un paradoxe lié à une clé d’interprétation qui nous manque pour appréhender le monde

Changement de niveau de conscience

Chaque nouvelle vision du monde transcende et inclut la vision précédente. Cette vision transcende l’autre en résolvant des problèmes de cette vision, mais de nouveaux problèmes apparaissent, plus complexes, et ne sont visibles généralement que peu avant la chute de l’ancienne vision du monde.

Il faut prendre garde à ce que les visions du monde ne répriment et ne rejettent pas les visions passées, car c’est ainsi que les civilisations creusent leur tombe.
Par exemple : Les Mayas en détruisant la forêt tropicale ont rejeté la biosphère et donc ont causé leur extinction

Les 4 cadrans du Kosmos

La grande holarchie selon Plotin et Aurobindo

Les 4 cadrans permettent de trouver quatre logiques holistiques dans lesquelles classer chaque holon. Ils représentent l’intérieur et l’extérieur de l’individu et du collectif. Les niveaux intérieurs se réfèrent aux niveaux extérieurs. Ils l’expriment juste différemment. En fait cela exprime le même holon vu de l’intérieur ou de l’extérieur.

Pour ce qui est du collectif il fonctionne sur le même principe que l’individuel. L’extérieur est la forme sociale achevée donc observable extérieurement et l’intérieur et le niveau spirituel acquit de cette société.

Ainsi toute chose (l’auteur donne l’exemple de la pensée) possède quatre facettes : intentionnel, comportemental, culturel et social.

Détail des 4 cadrans avec la pensée pour exemple.

Ces quatre facettes sont le minimum que nous pouvons utiliser pour comprendre un holon

Interprétation objective et subjective

La partie droite du cadran (extérieur) qui inclut une partie individuelle et une partie collective contient des objets que l’on peut voir empiriquement. Il n’y a pas besoin d’interagir avec eux pour les étudier. L’étude repose sur un monologue. Ils ont donc un aspect monologique.

Le problème c’est que si on utilise que ce modèle, on ne tient pas compte du côté intérieur, du mental, de la spiritualité. Ainsi les philosophes des lumières ont permis de rendre tout observable (car on décrit le monde entier dans un langage monologique c’est-à-dire un langage objectif), mais on omit ce qu’ils ne pouvaient pas voir c’est-à-dire tout le côté gauche. De ce fait, trois siècles plus tard nous nous trouvons dans une société monologique ou nous manquons de sens et de spiritualité, d’où la révolution post-moderne.

Quelques théoriciens représentatifs de chaque cadran.

Le chemin de gauche à l’inverse ne peut être observé. Il doit être vécu puis interprété.

Pour retenir cette différence entre cadran de gauche et cadran de droite, on peut retenir :

Les sentiers de droite demandent toujours “qu’est ce que ça fait”. Les sentiers de gauche demandent “qu’est ce que ça signifie”

Toute interprétation est liée à un contexte

La culture a un impact dans l’interprétation. L’herméneutique c’est l’interprétation de l’interprétation. Des contextes peuvent se trouver dans d’autres contextes (comme les holons). Nous devons toujours être sensibles au contexte sous-jacent pour comprendre le monde.

Se comprendre pour interagir

Nous pouvons chercher l’intériorité même chez des non humains (chien par exemple). Cependant moins le holon est profond, plus il est difficile d’accéder à son intériorité. Tant qu’on partage un espace/monde (bagage) commun, on est capable de s’interpréter mutuellement.

Plus on partage de profondeur, plus on a de quoi échanger et plus on a d’interprétation possible. C’est pour ça que l’interprétation du monde ne peut être monologique, car elle est également soumise à un grand nombre d’interprétations différentes liées à des cultures différentes.

Interpréter correctement le monde

Lorsque nous vivons, expérimentons quelque chose dans un contexte précis, nous sommes obligés de l’interpréter pour l’intégrer. Une interprétation est bonne si et seulement si elle peut être exprimée au travers des 4 cadrans, sinon ça sera une mauvaise interprétation.

La plupart des interprétations sont centrées sur le cadran gauche supérieur très narcissique basé sur la transcendance de soi. La vérité dans la croyance populaire est ce qui est vérifiable, objectif. Or on ne peut vérifier le sentier de gauche (subjectif). Donc les quatre cadrans sont une bonne façon de trouver une vérité, de s’extraire de l’interprétation et de se resynchroniser avec le reste du monde en s’extrayant en partie de ses biais.

Les mauvaises approches du cadran de gauche.

Lorsqu’on refoule des choses dans son inconscient, on ne se connaît pas soi-même et on a donc dû mal à interpréter les réactions des autres. Les thérapies servent à mieux explorer nos propres profondeurs pour mieux nous comprendre et ainsi mieux comprendre le monde en retour.

L’intégrité c’est lorsque nos actions et nos actes sont synchronisés et cela nécessite de se connaître soi-même.

En résumé

  • Le cadran en haut à droite (extérieur individuel) = la vérité objective
  • Le cadran en haut à gauche (intérieur individuel) = vérité subjective, la notion de la beauté, la véracité. Convaincu, honnête, sincère.
  • Le cadran en bas à gauche (intérieur collectif) = l’intersubjectif, le bien, la bonté. Ce qui pose les bases culturelles pour qu’on se comprenne tous mutuellement. Ce sont la loi, l’éthique, la morale. Ken wilber l’appel “légitimité”.
  • Le cadran inférieur droit : il représente l’extériorité des systèmes. Il témoigne de l’adéquation fonctionnelle c’est-à-dire comment divers holons parviennent à vivre ensemble dans le système objectif global. Il décrit la manière dont chacun est un fil de la toile interreliée de manière objective.
Principe de validité : ce qu’apporte chaque cadran dans l’interprétation que l’on fait du monde

Ken Wilber résume ces 4 cadrans en disant que chacun d’eux possède la vérité d’une manière qui lui est propre. Et qu’une proposition dans un cadran peut être réfutée à l’intérieur de ce même cadran. Ainsi l’humanité a pu progresser dans les 4 cadrans vers 4 types de vérités et sélectionnés, car ce sont celles qui ont su résister aux réfutations.

Les trois Grands

Pour décrire chaque cadran, 3 langages sont utilisés. C’est la mauvaise utilisation d’un langage pour un mauvais cadran qui entraîne énormément de confusion.

Cadrans de droite : le “cela” purement descriptif

  • Science et technologie, nature objective, formes empiriques (incluant le cerveau et les systèmes sociaux). Vérités propositionnelles (adéquation individuelle et fonctionnelle).

Cadran supérieur gauche : le “je” purement subjectif

  • Conscience, subjectivité, moi et expression du moi (incluant les arts et l’esthétique); Véracité et sincérité.

Cadran inférieur gauche : le “nous”. La manière dont la collectivité voit le monde. Elle dépend des époques, des sociétés, des cultures.

  • Éthique et morale, vision du monde, contexte commun, culture.

Les Trois Grands sont aussi les trois mondes de Sir Karl Popper : objectif (cela), subjectif (je) et culturel (nous). Et les Trois Grands sont les trois principes de validité de Habermas : vérité objective, sincérité subjective et légitimité intersubjective.

C’est 3 domaines, les arts (le beau) (Je), la morale (le bien) (nous) et la science (le vrai) (cela) ne sont plus fusionnés entre eux depuis l’époque moderne, post-lumières. C’est juste l’utilisation du langage que nous confondons aujourd’hui.

La dignité de la modernité

Les lumières ont permis de séparer ces 3 grands domaines autrefois fusionnés. C’est ce que l’auteur appelle “La dignité de la modernité”. Ainsi un grand nombre de découvertes ont pu être faites, car elles n’avaient plus besoin de l’aval des 3 domaines à la fois. La vérité pouvait progresser à des vitesses différentes dans ces 3 domaines.

Exemples :

La différenciation de la nature (cela) et de la culture (nous) :

  • Avènement de la médecine, de la physique, de la biologie, de la science empirique, parce que la vérité n’était plus subordonnée à la mythologie de l’État et de l’Église.

La différenciation du “moi” (je) et de la culture (nous) :

  • L’avènement de la démocratie, où chaque “moi” a eu un vote et n’était plus simplement subsumé dans la hiérarchie dominatrice et mythique de l’Église ou de l’État.

La différenciation du mental (je) et de la nature (cela) :

  • Mouvements de libération parce que le pouvoir biologique n’imposait plus sa loi à la noosphère.
    • Libération des femmes
    • Libération des esclaves

Le désastre de la modernité

Cependant les philosophes des lumières ont échoué à intégrer ces 3 domaines. Ils les ont dissociés. C’est le domaine de la science qui a pris l’ascendant sur les autres et tout a été décrit par le langage de la science, le langage monologique, le langage du cela.

Ainsi au lieu d’avoir une visualisation du monde en 3 dimensions, nous ne pouvons le voir qu’en une dimension, dénuée de profondeur et de relief. Nous voyons tous les holons, mais pas dans leur entièreté. Nous sommes bloqués dans un réductionnisme qui réduit les cadrans de gauche aux seuls cadrans de droite en utilisant le langage du cela. Toutes les notions subjectives et spirituelles sont effacées.

Partie 2 : aux confins de l’esprit en action

L’évolution de la conscience

Les 4 cadrans sont reliés, si bien qu’un problème dans l’un d’eux va influencer les 3 autres.
Par exemple une société dont le mode de production (cadran inférieur droit) est aliénant (salaire d’esclave contre travail déshumanisant) se reflétera sous forme de faible estime de soi chez les travailleurs (cadran supérieur gauche) qui pourraient institutionnaliser l’alcool comme automédication (cadran supérieur droit)

De ce fait, la thérapie individuelle n’est pas sans importance, mais est presque secondaire si la société entière est malade.

Les différents niveaux de conscience

Un consensus existe sur le développement moral humain. Il dit que l’être humain est d’abord préconventionnel (enfant), conventionnel (jeune adulte) c’est-à-dire en phase moralement avec la société, puis post conventionnel, c’est-à-dire qu’il prend suffisamment de recul sur la société pour ériger ses propres valeurs morales.

Howard Gardner pense que le développement des consciences implique le développement de plusieurs aptitudes à des niveaux suffisants (musicale, artistique, mathématiques, athlétique…). Pour progresser en niveau de conscience, il faut donc s’améliorer dans plusieurs domaines à la fois, ce qui concorde avec la vision du monde en quatre cadrans.

Les différents 9 niveaux de consciences (non exhaustif, juste définis et simplifiés par l’auteur) sont :

Les structures fondamentales de conscience

La matière (biosphère)

  • sensori-moteur : la sensation et la perception

Le mental (noosphère)

  • fantasmatique émotionnel (impulsion et image)
  • mental-représentationnel (symboles et concepts)
  • mental règle/rôle (règle concrète)
  • formel-réflectif
  • logique-visionnaire (intégratif)

Stades plus élevés ou transpersonnels :

  • L’âme:
    • le psychique
    • le subtil
  • L’esprit:
    • causal
    • non duel

De tout temps, la société a un niveau moyen parmi ces niveaux. Certains individus se trouvent en dessous d’autres au-dessus, mais dans les deux cas la société a tendance a les attirer vers ce niveau moyen.

À partir de 7 ans, notre niveau de conscience atteint le niveau mental règle/rôle. C’est la capacité de former des règles mentales complexes et d’assumer un rôle social. L’enfant commence à comprendre qu’il n’est pas seulement un corps avec des impulsions et des désirs, mais également un “moi” social parmi d’autre “moi” sociaux et il doit s’ajuster à ces rôles socioculturels. C’est une période difficile et éprouvante.

Le grimpeur, l’échelle et la vision

Le chemin de l’individu au sein même de ces niveaux de conscience peut être modélisé par la métaphore du grimpeur sur l’échelle. L’échelle représente ces niveaux. Le grimpeur se trouve a différents niveaux à la fois selon ses facettes, mais a un centre de gravité localisé a un de ces barreaux de l’échelle.

L’ascension de l’échelle

L’action de “grimper” l’échelle d’un barreau à l’autre (d’un niveau de conscience à l’autre donc) est une action en 3 phases :

  • Fusion : il est parfaitement dans son niveau de conscience, son barreau de l’échelle
  • Différenciation : il aspire à un niveau de conscience supérieur, un barreau plus haut
  • Intégration : Il passe ce barreau et ne fait plus qu’un avec le barreau de l’échelle supérieur

On peut aussi utiliser des mots différents comme imbriquer, transcender, inclure. À chaque fois que le grimpeur monte sur l’échelle, sa vision qu’il a sur lui-même et sur les autres est différente, car il a changé de point de vue.

Les dangers de l’ascension de l’échelle

Le grimpeur peut avoir des “accidents” lorsqu’il monte l’échelle. Plus l’accident a lieu bas sur l’échelle, plus la pathologie est grave. Ces accidents sont en fait quand une partie du grimpeur n’arrive pas à passer au niveau supérieur et “laisse” un de ses membres (une partie de la conscience du grimpeur) sur les barreaux inférieurs.

Ainsi une partie de nous peut rester dans les niveaux inférieurs (égocentrique, narcissique) qui sont des niveaux très impulsifs et hédonistes ou conventionnels (très conformiste à la culture) pendant que le reste du nous évolue vers des niveaux post-conventionnels. Cette partie de nous dont on ne comprend pas la réaction viendra parasiter notre développement de la conscience et se traduira par une névrose.

Cause de l’accident

Un accident peut être dû à des traumatismes subis pendant que nous nous trouvions à ce niveau de l’échelle. Cette séparation du moi peut souvent intervenir lorsqu’il y a une différence de croissance entre le sens moral (Kohlberg), le sentiment de moi (Loevinger), le besoin de moi (Maslow).
Exemple : Ainsi une personne haute dans le sentiment de soi mais avec un sens moral très faible pourra par exemple être un nazi intelligent

Conséquence des accidents pour le grimpeur

Plus on aura de dissociation entraînant des névroses, plus il sera difficile pour notre entité principale de gravir l’échelle.

Nos “petits moi” bloqués aux niveaux inférieurs utilisent le pourcentage de conscience laissé a ces niveaux pour amener l’organisme à agir conformément aux désirs, impulsions et interprétations du niveau de conscience auquel ils sont bloqués. Cela nous coûte de l’énergie. Nous pouvons interpréter ces attaques comme de la dépression, de l’anxiété, le fait qu’on “a un problème”.

Pour nous défendre de ces “attaques”, nous utilisons de l’énergie. Au final nous finissons à plat et notre moi principal ne peut plus progresser en niveau de conscience et est en plus vidé de son énergie.

“En règle général, si vous ne vous liez pas d’amitié avec Freud (si vous ne réglez pas vos névroses dues aux parties de vous coincées aux niveaux inférieurs de conscience), il sera plus difficile d’atteindre Bouddha (les niveaux de conscience supérieurs)”

Parfois c’est à la troisième phase (l’intégration) lors du passage au barreau supérieur que cela peut mal se passer. Le grimpeur n’intègre pas, mais dissocie et refoule. Le grimpeur ne peut commencer à refouler des visions du monde que lorsqu’il a atteint un certain niveau de conscience (niveau 4 de conscience comme on le verra plus tard).

Le refoulement c’est essentiellement manquer d’honnêteté au sujet de ce qui se passe en réalité dans votre psyché.

Ce refoulement, c’est ces parties de nous dans les niveaux inférieurs qui devraient être dépassés, mais survivent, gardés par le mensonge que l’on entretient avec nous même.

Guérir le grimpeur

Les thérapies permettent d’attaquer le mensonge qu’on se fait à soi-même. Cependant il faut retenir qu’on ne se trouve jamais réellement à un niveau. 50% de nos réactions proviennent de ce niveau, 25% proviennent du niveau inférieur et 25% du niveau supérieur.

Une expérience (passion sexuelle, moment d’exaltation, stress, rêve éveillé, drogue, épisode psychotique ) peut nous faire transcender notre niveau de conscience, mais jamais de plus d’un niveau auquel on se trouve actuellement. L’auteur appelle ça une expérience sommet.

L’ego est excessivement présent dans les premiers stades de conscience. Cependant l’absence d’ego ne signifie pas qu’on est plus haut dans les niveaux de conscience. En effet il existe des niveaux pré-égotique, prérationnel, prépersonnel qui sont inférieurs à l’ego.

L’auteur détaille alors concrètement les différents niveaux de conscience avec leurs pathologies associées.

Exemple d’échelle, de vision et de pathologie du grimpeur

L’évolution au travers des niveaux de conscience se traduit tout de même par un décentrage de sa propre vision de soi pour regarder le monde de manière plus globale. Notre narcissisme diminue à mesure qu’on avance en niveau de conscience.

“Vous ne pouvez vraiment aimer quelqu’un jusqu’à ce que vous puissiez comprendre son point de vue et peut-être même choisir de le placer au-dessus du vôtre”

Évolution du grimpeur en fonction des barreaux (niveaux de conscience)

  • 0-4 mois : niveau 1 : sensorido-materiel : tout est “moi”. L’individu ne peut pas différentier son pouce d’un autre objet comme une chaise par exemple.
  • 4mois – 9 mois : niveau 2 : fantasmatique. Premier point charnière (Première phase du passage du barreau) : l’éclosion. Dissociation du moi physique et du non-moi. Passage dans la physiosphere. La vision sur l’échelle est archaïque
  • 24 mois : niveau 2 : émotionnel. 3ème point charnière (Première phase du passage du barreau) : dissociation du moi intérieur et du reste : si je ferme les yeux, je réalise que les autres peuvent quand même me voir. Passage dans la biosphère. La vision du monde est magique.
  • 2 ans – 4 ans (symbole) : Niveau 3 : mental représentationnel. Un symbole représente un objet en image mentale. Un concept représente une catégorie d’objet.
    Par exemple : un chien est un concept, car représente tous les chiens du monde. Médor est un symbole, car unique.
  • 4 a 7 ans : concept. Niveau 4. Acquisition du langage. Passage dans la noosphere. La vision sur l’échelle est rationnelle. L’acquisition du langage permet de penser au passé et de prévoir l’avenir. Mais du coup cela débloque au passage l’anxiété et les remords, la culpabilité et les regrets. C’est à partir de ce moment qu’on peut consciemment refouler des émotions et créer ainsi des névroses.

Le refoulement, une réaction de protection

Ces refoulements emprisonnent des parts de “mon moi” pour protéger le reste du “moi”. C’est une sorte de système immunitaire psychologique. Cependant, parfois, ce système s’emballe. Ce qui entraîne des troubles psychologiques plus graves ou mon potentiel est bridé et, où un “faux moi” est au contrôle, parfois toute la vie durant.

Lorsque la barrière s’effondre

Parfois, une dépression survient. Le faux moi, issu du refoulement, s’écrase sous son poids. À ce moment-là, plusieurs options :

  • Repos et continuer dans la même direction
  • Médicaments pour ne pas avoir à choisir
  • Pratiques qui permettent d’éviter de faire un choix (hypnose, méditation)
  • Thérapie pour enquêter sur le mensonge et interpréter ses intentions intérieures avec plus de véracité.

Ce faux moi peut apparaître à tous les passages de niveau de conscience.

Différents types de thérapie

Les thérapies des stades précédents (avant 7 ans) étaient des thérapies de structuration alors que pour les névroses ce sont des thérapies d’exploration visant à affaiblir la barrière du refoulement.

Évolution des visions en fonction des barreaux (niveau de conscience)

Ken Wilber fait un rapide résumé des différentes visions du monde à chacun des niveaux de conscience.

Au fur et à mesure que nous acquérons de nouvelles perspectives sur la vie, nous réinterprétons tous les évènements de notre vie sur la base de cette nouvelle perspective et imaginons que nous avons toujours vu le monde de cette façon. Notre mémoire nous joue des tours et falsifie inconsciemment nos souvenirs.
Notes personnelles : cette réécriture de nos souvenirs par notre cerveau est mentionnée dans Mémoire vous avez le pouvoir de Fabien Olicard

1) Vision archaïque

2) Vision magique.

Le moi a du mal à différencier image réelles et images mentales. Donc si on fait du mal à un dessin ça peut faire le même mal à un être vivant. De plus comme j’ai du mal à différencier les choses du moi, j’ai l’impression que tout arrive pour moi ou par ma faute : la pluie, etc..

3) Vision mythique.

L’enfant comprend qu’il ne peut pas diriger le monde, mais s’imagine que des entités supérieures (dieux, démons) le peuvent et répondent à ses prières et rituels. Il ne s’affranchira de ces croyances que lorsqu’il passera dans la vision rationnelle pour changer le monde.

Note : Les expériences d’ovnis sont des mauvaises interprétations des stades inférieurs au stade 3, car ce sont toujours des expériences très égocentriques.

4) Vision opératoire-concret : point de vue ethnocentrique ou sociocentrique

Entre 7 et 14 ans : niveau 4. On peut se mettre à la place de l’autre. On décentre son ego de sa personne et on l’applique au groupe, mais comme on est toujours très égocentrique on aura un point de vue assez tranché qui rejoindra très vite notre groupe ethnique ou notre pays. On est très conformiste.
Exemple : Ça explique pourquoi au collège on se définit tant au travers des autres et surtout auprès de notre groupe social.

Beaucoup de personnes sont aujourd’hui coincées à ce stade.

Au cours de ce niveau, nous mettons en place des règles et des rôles, des scénarios qui nous permettent d’interagir avec les autres plus facilement. Le problème est lorsque ces scénarios sont négatifs limitant ou faux. (“je suis un bon à rien”, “je suis égoïste”). Lorsque nous sommes déprimés, nous avons tendance à utiliser beaucoup de faux scénarios : “si telle personne ne m’aime pas, alors personne ne m’aime”

Les thérapeutes de la thérapie type (niveau 4) lorsqu’ils nous laissent parler sont à l’affût de ces faux scénarios pour mieux les corriger. L’idée c’est de penser différemment pour ressentir différemment.
Notes personnelles : C’est le conditionnement neuro-associatif de Tony Robbins.

Cependant si le thérapeute discerne un refoulement d’émotion il va passer en mode thérapie explorative et il ira à la recherche de problème au niveau 3.

5) Vision opératoire formelle : la vision mondocentrique

15 ans : niveau 5. L’individu ne réfléchit pas que sur le monde, mais sur la réflexion elle-même. On acquiert une notion de conséquences, car on est capable d’imaginer les scénarios complexes. La véritable introspection devient possible. On remet en question les règles et les rôles qu’on avait acquis au stade précédent. Notre stade moral passe du conventionnel au post-conventionnel. On commence à pouvoir critiquer notre société. On passe de l’ethnocentrique au mondocentrique. On veut savoir ce qui est bien et équitable pas seulement pour nous et notre peuple, mais pour tous les peuples. On s’approche de très près d’une authentique ouverture spirituelle ou transpersonnelle.

Notes personnelles : je trouve que cette perspective que Ken Wilber qualifie de très difficile à avoir est facilitée aujourd’hui par les enjeux mondiaux et non plus nationaux qui frappent le monde. La santé (Coronavirus), le réchauffement climatique, le racisme sont des problèmes mondiaux majeurs. De ce fait, les décisions politiques prises au niveau national le sont dans un intérêt mondial. On a donc plus de facilité à quitter l’ethnocentrisme qu’aux époques précédentes.

Avec cette vision on aura donc tendance à être multiculturaliste et à se soucier d’enjeux mondiaux tels que le racisme, l’écologie, le féminisme.

Pourquoi le multiculturalisme va à l’encontre de lui-même ?

On accorde à tout le monde le statut d’égal alors que les autres n’ont pas forcément atteint ce niveau mondocentrique. Ils ne nous accorderont donc pas en retour cette égalité et ne comprendront probablement pas notre point de vue si on ne choisit pas de camps.

Ce multiculturalisme permet à une diversité culturelle très ethnocentrique de prospérer qui si nous ne faisons pas attention risque de détruire la vision mondocentrique en voulant imposer sa vision ethnocentrique aux autres. Renaissance de l’impérialisme et balayage du travail des lumières.

Le paradoxe du multiculturalisme

Le mondocentrique est alors face à un paradoxe. Si tout le monde est égal, les nazis le sont aussi ? Et celui qui ne possède pas le point de vue mondocentrique est-il capable de considérer le multiculturaliste comme son égal alors qu’il n’est pas capable de comprendre sa perspective ?

En réalité toutes les visions du monde ne se valent pas. Les niveaux de conscience plus élevés vaudront toujours mieux que les autres parce qu’ils sont moins égocentriques.

Ce dont souffrent les multiculturalistes

Une des pathologies du mondocentrique est la crise d’identité, car s’étant extrait de ses rôles précédents, qui est-il aujourd’hui ? Ils sont contre l’élitisme, mais sont paradoxalement des élites, car ils ont accès à une perspective supérieure.

Les solutions aux problèmes du niveau 5 de conscience

Le multiculturaliste ne doit pas essayer d’imposer aux autres sa pensée et son ouverture d’esprit, car en faisant ça il oublie tout le chemin qui lui a été nécessaire pour obtenir cette perspective. En faisant ça, il devient une police de la pensée. Il prône l’égalité tout en interdisant certaines pensées, ce qui est un non-sens
Notes personnelles : c’est pourtant ce qui a lieu en ce moment notamment lors des dérives de certains mouvements LGBT, syndicalistes…

Dans ce mode de pensée, bien qu’on ai une forme de conscience intégrative et synthétique, nous conservons cependant une sorte de logique dichotomique.

À partir de ce stade, tous les stades sont mondocentriques

6) Logique visionnaire

Niveau 6 : logique visionnaire. Forme de conscience véritablement intégrative et synthétique. Le moi vit entièrement et pleinement sa perspective plutôt que simplement la voir et ne pas savoir comment s’y intégrer comme au niveau 5. À ce stade on arrive à différencier le mental du moi et le considérer comme un objet au même titre que les corps et les impulsions (les autres parties de conscience du moi qui sont restées coincées aux niveaux de conscience inférieures).

À ce stade, l’individu n’est plus atteignable par des règles de base ou des banalités. Le moi se détache de toutes ses croyances en l’extérieur pouvant lui venir en aide (magie, mythe, science). Il sait qu’il n’y a que lui seul qui peut se sauver. Il accepte sa propre mortalité, sa propre finitude. Cela lui permet de découvrir sa propre existence dans le monde.

Notes personnelles : tant qu’on se défini en tant que soi par des normes culturelles (travail, lien social (père, mère, mari)) on est bloqué dans le niveau 5 de conscience. 

Les problèmes du niveau 6 de conscience

À ce niveau on est véritablement aperspective. Toutes les perspectives sont relatives et interdépendantes. On peut vite s’y perdre, car devant toutes ces perspectives (on a arrive a se mettre à la place de tout le monde) on ne sait plus d’où on peut obtenir une vision globale, ou se trouve la vérité.

Cependant il y a toujours des perspectives meilleures que les autres ! C’est pour ça que le cadran de gauche est si important, car il apporte une notion de morale et un degré d’égocentrisme. Les perspectives peuvent être équivalentes sur le cadran de droite, mais pas en terme de morale ou de profondeur !

Les personnes ayant atteint le niveau 6 ont du mal à reconnaître la présence de conscience supérieure à celle-ci. Voyant qu’ils sont livrés à eux même dans l’existence, ils abordent celle-ci avec beaucoup trop de sérieux et d’angoisse par souci d’authenticité. Il n’y a aucun bonheur à savoir que l’on va mourir et qu’on ne sera rien. Il y a une préoccupation majeure sur le sens et sur son absence dans ce monde ou tout est voué à mourir.

L’individu de ce stade, le “centaure” comme l’appelle Ken wilber, parce qu’il a différentié corps et mental, mais les intègres parfaitement est donc parfaitement intégré, autonome, mais misérable (triste). Il a goûté à tout ce que le domaine personnel pouvait offrir et ça ne suffit pas. Tout est fade, car éphémère.

“C’est une âme qui, affrontant carrément l’existence, en est totalement dégoûtée.”

En dépassant son mental, on parvient à se rapprocher de “l’Esprit”, cette conscience ultime qui était avant fusionnée avec le mental et donc qu’on n’arrivait pas à distinguer parfaitement.

Les niveaux transpersonnels

Après le centaure, il y a au moins 4 niveaux transpersonnels. Ce sont des niveaux sortant de l’ordinaire principalement du côté gauche. Il faut donc pratiquer pour les atteindre, pas seulement théoriser.

Ces niveaux impliquent également des visions du monde différentes :

  • Psychique : mysticisme de la nature : nirmanakaya
  • Le subtil : mysticisme du divin : svabhavikakaya
  • Le causal : mysticisme sans forme : dharmakaya
  • Le non-duel : mysticisme non duel : svabhavikakaya

À partir de ces stades, des expériences sommets peuvent nous faire régresser à des niveaux ou une partie de notre conscience est bloquée. La progression n’est plus linéaire. Mais le point de gravité principale (la somme des réactions, perception du grimpeur) reste identifiable à un point donné sur l’échelle.

7) le psychique

À ce niveau on expérimente le mondocentrisme pas seulement avec les humains, mais avec tous les êtres vivants.
Exemple : on regarde la montagne et d’un coup on prend conscience qu’on est la montagne. La montagne se regarde elle-même. Elle est extrêmement proche de notre peau.

On échappe au préjugé anthropocentrique. On passe de mondocentrique à âme du monde.

“Vous ne faites pas partie de la nature. C’est la nature qui fait partie de vous”

Vous traitez alors la nature comme vous traiteriez vos poumons et vos reins. Une éthique environnementale jaillit de vous.
Notes : Apparement les astronautes des missions Apollo font cette expérience. Ils ne regardent plus désormais la rivière, un rouge-gorge ou des feuilles de la même manière.

Ne pas confondre niveau de conscience et type de personnalité (les 9 personnalités de l’ennéagramme). Cependant, il est vrai que jusqu’au niveau 7 de conscience, le type de personnalité a tendance a dominer la conscience.

8) Le subtil

Union avec la déesse ou le dieu (Christ, Bouddha ou encore des archétypes.). L’expérience peut notamment être ressentie en expérience sommet lors d’une mort imminente et dépend de l’interprétation qu’en fait le sujet. Cependant ce n’est pas un évènement purement culturel. C’est un évènement bien réel.

L’auteur différencie ici un archétype d’un archétype jungien. L’archétype jungien est une image ou forme fondamentale héritée, dans la psyché. Ces images fondamentales ou primordiales représentent des expériences très communes, très typiques, auxquels les humains de partout sont exposés. Le fait qu’une chose soit collective ne signifie pas qu’elle est transpersonnelle. Collectif signifie simplement que la structure est présente de manière universelle. Les archétypes ne peuvent décrire une expérience transpersonnelle, car ils décrivent des choses générales, ou chacun peut s’identifier alors que l’expérience transpersonnelle est par définition rare.

Les véritables archétypes atteignables lors d’une expérience transpersonnelle sont issus d’une expérience contemplative, méditative. Il faut effectuer l’expérience pour les découvrir. Ils ne sont pas énonçables par le langage rationnel. L’interprétation la plus souvent réalisée est qu’on regarde les fondements, les formes de base du monde manifestées dans son entier.

9) Le causal

Le divin, la vacuité, le Témoin, la Conscience pure n’est pas un objet. C’est le regard que l’on porte sur son mental et sur son corps. Lorsqu’on atteint la vacuité, on voit nos pensées défiler comme des nuages, c’est notre mental, nos sensations défilent aussi, c’est notre corps. Une sensation extrême de flottement et de liberté se dégage. Si nous essayons de matérialiser le Témoin par quelque chose de visible alors on perd cette liberté. On s’attache et on perd le Témoin.

Le regard (issu du Témoin) ne voyage pas dans l’espace et dans le temps. Il est présent et immuable. Le regard a conscience du temps et de ce fait est libre du temps. Il n’est pas né et ne mourra pas, car il n’a aucun lien avec le temps.

10) Le non-duel

On est toujours le Témoin, mais cette fois au lieu de ressentir les choses en se projetant dessus, on ressent tout en même temps. Lorsqu’on regarde la montagne on ne ressent pas nous + la montagne on ressent tout en même temps. C’est ce qui caractérise le non-duel. Tout est un. Les dualités précédentes (corps mental) sont avalées par cette perception nouvelle. Il n’y a rien à faire pour atteindre cet état, car il est antérieur à tout.

Lorsqu’on vit le non-duel, toutes les parties de nous bloquées aux barreaux inférieurs (niveaux de consciences inférieurs) remontent et meurent. Cela peut être une période très étrange à vivre.

Dans la tradition bouddhique theravadin et les écoles yogiques samkhya l’illumination survient au niveau causal. Il suffit de rentrer minimum 4 fois dans cet état pour brûler toutes nos limitations et pouvoir ensuite accéder à cet état à volonté de manière illimitée.

Pour d’autres écoles, l’hindouisme vedantique, le bouddhisme mahayana ou vajrayana, l’état d’illumination est le non-duel. La condition non duelle est présente dans notre conscience, mais nous n’arrivons juste pas à la voir. Si l’état ultime est le non-duel, il va constamment continuer à s’élever et on n’arrivera jamais à un état final comme pour le causal. L’illumination n’est de ce fait jamais complète, car elle est en perpétuelle évolution.

Partie III : la terre plate

Résumé des parties précédentes

Tous les holons ont 4 capacités principales :

  • Agence : comment les holons de même profondeur intéragissent entre eux.
  • Communion : comment le holon s’intègre dans un holon plus grand.
  • Auto-transcendance : évolue naturellement vers plus de profondeur.
  • Auto-dissolution : peuvent se dissoudre si par exemple il manque un holon au niveau inférieur.

Plus de profondeur signifie que plus de choses peuvent mal tourner. Les chiens ont le cancer pas les molécules.

La modernité

Elle est marquée par la différentiation des trois Grands, mais également pas l’effondrement des cadrans de gauche dans le cadran de droite par l’utilisation permanente du langage monologique.

La différenciation des trois grands a permis de faire passer les sociétés du mythique-agraire au rationnel-industriel.

La dignité de la modernité

Les philosophes des lumières ont permis de séparer ces 3 grands domaines autrefois fusionnés. Avant ce shift, la biosphère et la noosphère étaient fusionnées. Les déterminants biologiques tels que la force physique mâle étaient souvent également les déterminants culturels dominants, parce que non différenciés.

Avec cette différenciation, un grand nombre de découvertes ont pu être faites, car il n’y avait plus besoin de l’aval des trois domaines à la fois. La vérité pouvait progresser à des vitesses différentes dans ces 3 domaines.

Exemples :

La différenciation de la nature (cela) et de la culture (nous) :

  • Avènement de la médecine, de la physique, de la biologie, de la science empirique, parce que la vérité n’était plus subordonnée à la mythologie de l’État et de l’Église.

La différenciation du “moi” (je) et de la culture (nous) :

  • L’avènement de la démocratie, où chaque “moi” a eu un vote et n’était plus simplement subsumé dans la hiérarchie dominatrice et mythique de l’Église ou de l’État. Cela n’a été possible que parce que les hommes ne s’intéressaient plus qu’à leur petite tribu, mais a des intérêts globaux pour tous les humains. Les démocraties grecques n’en étaient pas vraiment, car elles étaient exclusivement ethnocentriques et non mondocentriques.

La différenciation du mental (je) et de la nature (cela) :

  • Mouvements de libération parce que le pouvoir biologique n’imposait plus sa loi à la noosphère.
    • Émancipation des femmes.
    • Libération des esclaves

Le désastre de la modernité

Cependant les philosophes des lumières ont échoué à intégrer ces 3 domaines ensemble. Et finalement les 3 domaines ont fini dissociés.

La prise du pouvoir par la science

À la fin du XVIIIeme siècle, la science empirique (Newton, Galilée, Kelvin, Clausius, Kepler) et l’industrialisation ont fait un bond de géant. C’était deux domaines du “cela”, du cadran de droite. Ces deux aspects ont donc occulté tout le reste et on fait apparaître la science comme la seule chose qui comptait dans le monde.

C’est le domaine de la science qui a pris l’ascendant sur les autres et tout a été décrit par le langage de la science, le langage monologique, le langage du cela.

La description du monde dans le langage monologique

Une des idées principales de la science ayant permis d’évincer la partie intérieure (la morale et l’art, le je et le nous) est que le cerveau fait partie de la nature. Or, seule la nature est réelle. Donc on peut trouver la conscience en étudiant le cerveau de manière empirique.

Mais ce que la science n’avait pas compris, c’est que le mental ne fait pas partie du cerveau ! On ne peut donc pas l’approcher avec la science. Avec le domaine du “cela”, on part du principe que ce qui est localisable existe. En partant de ce principe, on pourrait considérer que la conscience, la morale, les valeurs sont non localisables donc n’existent pas (ce qui est faux)

Ainsi au lieu d’avoir une visualisation du monde en 3 dimensions, nous ne pouvons le voir qu’en une dimension, dénuée de profondeur et de relief. Nous voyons tous les holons, mais pas dans leur entièreté. Nous sommes bloqués dans un réductionnisme qui réduit les cadrans de gauche aux seuls cadrans de droite en utilisant le langage du cela. Toutes les notions subjectives et spirituelles sont effacées. Il y a eu une domination de la science sur les autres cadrans (morale et art).

La rébellion contre cette domination de la science

C’est bizarrement à ce moment où la philosophie des Lumières réprime tant la nature externe (monologique) que la nature interne (conscience) qu’apparaît Freude.

Certains philosophes (Hegel, Weber, Taylor, Habermas, Foucault) ont senti que quelque chose n’allait pas, mais en réponse, ils se sont trompés de combat. En effet, ces philosophes ont continué à utiliser la vision monologique pour décrire le problème.

Ainsi selon eux le problème était que l’homme dominait la nature (notamment avec l’industrialisation). De ce fait ils sont entrés dans le combat des deux visions spirituelles ascendant et descendant plutôt que de lutter contre la dissociation des trois Grands qui avait lieu par l’écrasement des cadrans gauche dans le cadran de droite.

Les deux visions spirituelles ascendant et descendant

Chemin descendant

Ce chemin nie complètement l’esprit et donc les cadrans de gauche. Il met l’homme et la science sur un piédestal et approche le monde monologique avec rationalité visant à dominer la nature. Ce chemin est aussi appelé EGO par Ken Wilber. C’est la pensée principale des philosophes des lumières tels que Descartes, Fichte, Locke.

Les lumières souhaitaient dresser une carte monologique de tout ce qui existe (de manière objective, sans tenir compte de ce que ressent ou de la manière avec laquelle la personne qui observe voit le monde) ce qui entraîne un désenchantement du monde, le rendant plat, logique.

Un membre de l’EGO n’aura pas de conflit interne, car il considère que la conscience n’existe pas. Il n’y a donc pas de paradoxe dans cette manière de penser : dominer la nature ce n’est pas s’aliéner de quoi que ce soit.

Chemin ascendant

Ce chemin prétend que la nature (au sens monologique du terme) est l’Esprit. Il effondre donc les cadrans de gauche dans les cadrans de droite par erreur. C’est un chemin qui place la nature, Gaïa, au-dessus du reste. Le monde monologique est approché par la sensibilité, le sentiment et l’émotion visant à ne faire qu’un avec cette nature monologique. Pourtant, on occulte quand même la conscience.

Ce chemin est appelé ECO par Ken Wilber et est associé au mouvement romantique (Rousseau) et écologiste.

Le paradoxe du mouvement écoromantique

Le mouvement écoromantique n’est pas une rébellion contre l’industrie, mais un produit de celle-ci. Les écoromantiques souhaitent ne faire qu’un avec la nature monologique qui selon eux est tout, mais que la culture est en train de détruire. Mais cela est un paradoxe, car cela implique qu’il existerait une nature qui est tout, mais dont la culture peut dévier ? La nature n’inclue donc pas la culture et n’est donc pas tout.

En d’autres mots, en tant que romantique vous aller penser que la culture cache et déforme la nature monologique dans laquelle est sensé résider le vrai moi. Alors que la culture est une évolution en route vers une appréhension consciente de l’Esprit.

Ce que les romantiques essayaient de dire sans réussir à le formuler c’est que l’Esprit (conscience ultime, les quatre cadrans réunis) englobe la culture et la nature.

Il est impossible de garder un point de vue mondocentrique en ne faisant qu’un avec la nature monologique. En effet, seul l’homme au travers de ses 4 cadrans possède un niveau de conscience supérieur. Voir le monde au travers de la nature au sens monologique, c’est revenir à des niveaux de conscience inférieurs, plus égocentriques ou nature et culture sont fusionnées (les chasseurs-cueilleurs).

Le problème de l’écoromantisme est en fait le multiculturalisme

Un membre de l’ECO, ouvert aux expériences spirituelles, mais qui ne considère que la nature monologique (pas les cadrans de gauche) se trouvera face à des paradoxes. En effet, s’il expérimente une expérience spirituelle (exemple l’âme monde, niveau 6 de conscience), comme il ne connaît que la nature monologique, il associera cette expérience à la nature monologique qui deviendra alors son dieu. Mais il se trompera de cible, car il occulte de cette manière tout le chemin spirituel des cadrans de gauche qu’il a effectué qui lui a permis de vivre cette expérience. Il essaiera de faire un avec la nature monologique et régressera vers des stades plus égocentriques de conscience. Il prônera alors que tout ce qui s’éloigne de la nature tue la nature.

Donc que la culture tue la nature. Il proposera en solution de retourner au stade agraire ou même avant, la ou ne faisions qu’un avec la nature. C’est une régression énorme où seront perdus tous les avantages apportés par la dignité de la modernité !

On assiste donc à une idéologie anti-moderniste émise par des gens qui ont vécu des expériences d’âme monde (niveau 6 de conscience), mais qui se trompe sur l’origine de cette expérience. Ces discours sont repris par des gens qui n’ont pas expérimenté ce genre d’expérience, mais qui sentent qu’il y a un problème dans cette société. On en arrive à la situation actuelle.

Écologie et antimodernisme

Voulant tout de même “réparer ce qui ne va pas” en supprimant la culture, les personnes faisant inconsciemment partie du mouvement écoromantique aujourd’hui s’indignent de cette manière :

  • Ils enragent contre la modernité
  • S’apitoient à la pensée des crimes commis par leur génération sur les merveilles du passé
  • Jubilent secrètement lorsque des désastres naturels tuent des humains.
  • Désirent une revanche de la nature contre les désastres de l’humanité, un effondrement en somme. C’est tout ce que l’humanité mérite selon eux. C’est une pensée rétroromantique.

Mais ces réflexions ne règlent pas le problème de la dissociation des trois Grands. Ces personnes se trompent de cible. En découle alors l’écocrise actuelle. Les ECO veulent la rétrogradation de la culture humaine au temps des chasseurs-cueilleurs qui permettrait en plus de sauver la planète et de se “reconnecter avec la nature”. Les EGO veulent dominer la nature au nom du progrès.

La véritable solution ? Faire progresser l’humanité à un stade de conscience mondocentrique. Cela permettrait à tout le monde de prendre des décisions pour le bien commun (sauver la planète) tout en ne faisant pas régresser la culture.

 

L’intuition des idéalistes

Avant cette séparation en ECO et EGO, Kant avait ouvert la voie. Ken Wilber va dans le même sens que Kant et de son “hétéronomie”.

“Ce n’est qu’en m’élevant au-dessus de ces positions moins profondes (biocentrisme, égocentrisme, ethnocentrisme), qu’en adoptant une perspective plus profonde ou plus élevée (mondocentrique), que je trouve mes propres aspirations les plus élevées et mon propre moi le plus vrai.

Kant avait identifié les 3 grands et le problème de leur intégration entre eux. Mais n’y avait pas trouvé de réponse.

Shelling, un des mentors de Søren Kierkegaard, avait eu l’intuition d’une solution. Pour vaincre cette répression de la nature par le camp de l’EGO, il fallait, non pas faire une régression aux états antérieurs (qui comportent nombre de désavantages dont l’esclavage et la guerre, car ce sont des états plus égocentriques et donc ne sont pas souhaitable), mais plutôt continuer vers l’avant jusqu’au point où mental et nature seraient fusionné. Il s’appuyait pour ça sur la théorie de la grande chaîne qui dit que l’Esprit est l’un au travers du multiple. Que tout suit une logique qui ne comporte pas de trou.

C’est cette pensée qui façonnera l’idée de l’évolution et de la sélection naturelle. Aujourd’hui, certains phénomènes de la macroévolution ont été trop rapides et ne sont pas explicables. Darwin lui-même ne souhaitait pas retirer l’Esprit de son modèle, ne pouvant expliquer ces évolutions trop rapides comme guidées par une force supérieure.

Selon Shelling l’évolution était un mouvement spirituel et non simplement de la nature (le scientifique, le cela) comme nous l’entendons aujourd’hui. Hegel s’accorde avec cette vision.

Sauver l’écologie avec les 3 grands

La sagesse écologique ne consiste pas à vivre en accord avec la nature, elle consiste à savoir comment les sujets se mettent d’accord sur la manière de vivre avec la nature. C’est un accord réalisé dans la noosphère, pas dans la biosphère. Cet accord intersubjectif est fondé sur une compréhension mutuelle ancrée de sincérité. Il nécessite donc un état de conscience élevé (mondocentrique) appliqué à l’ensemble de la culture pour sauver la nature (le cela). Cela implique la réunion des trois Grands.

Les principaux problèmes actuels (le réchauffement climatique, la faim dans le monde, la soi-disant surpopulation…) ne sont pas les vrais problèmes. Le problème réside dans le manque de compréhension mutuelle et d’accord mutuel (dans la noosphère) quant à la manière d’agir à l’égard de ces problèmes. Ce n’est qu’ainsi que les deux visions spirituelles (ascendant et descendant) pourront être réunies et que le désastre de la modernité, c’est-à-dire la dissociation des trois Grands, pourra être résolu.

Notes personnelles : La surpopulation n’est pas réellement un problème comme on l’a vu dans Factfulness.

Internet et ses conséquences

Internet est une structure sociale (il réside donc dans le cadran inférieur droit) et non une conscience globale. Les valeurs et l’éthique qu’il véhicule dépendent de la conscience des personnes qui l’utilise.

Le web est une possibilité que l’expansion de la conscience se démocratise plus rapidement, mais ne la garantit aucunement.

Lorsque des moyens mondocentriques (internet) sont offerts à des individus moins que mondocentriques, ces moyens sont simplement utilisés (et abusivement ) pour faire avancer le programme des individus moins que mondocentriques.
Exemple : Les nazis auraient adoré internet (point Godwin bonjour).

La situation actuelle

Beaucoup de personnes ayant atteint le niveau mondocentrique (niveau 6 des niveaux de conscience) sont concernées par les problèmes environnementaux (les ECO) et les problèmes d’égalité sociale (les multiculturalistes) et prêchent pour la protection de ces choses dans la langue monologique des manières suivantes :

  • Par leur discours anti-moderniste comme on l’a vu précédemment.
    Exemple : Ce sont les discours écologistes qui ne font aucune concession. L’arrêt total de la culture. À bat le nucléaire, c’est”contre nature”. Pourtant ce n’est pas l’approche à adopter pour contrer le réchauffement climatique.
  • Par leur approche multiculturaliste du monde qu’on a également vu précédemment qui met toutes les perspectives sur un pied d’égalité. Ainsi, des pouvoirs de types mondocentriques tels qu’Internet sont donnés à des gens qui ont une vision égocentrique ou ethnocentrique. Or, une telle importance donnée à des groupes si égocentriques permet à une diversité culturelle très ethnocentrique de prospérer. Si nous ne faisons pas attention, ces communautés ethnocentriques risquent de détruire la vision mondocentrique en voulant imposer leur vision ethnocentrique aux autres. Il y aurait alors une renaissance de l’impérialisme et un balayage du travail des philosophes des lumières. L’accent doit donc être mis sur l’élévation de la conscience globale plutôt que sur la mise en place de solutions rapides, car celles-ci sont détournées par les gens qui ne partagent pas la vision mondocentrique pour servir leur propre cause ethnocentrique.
    Exemple : Nous disposons aujourd’hui de l’outil le plus puissant de partage de connaissances, internet. Mais il sert aussi à polariser les idées et enfermer encore davantage les gens dans leurs modes de pensée, allant ainsi à l’encontre de l’ouverture d’esprit prônée par le point de vue mondocentrique. C’est ainsi que les mouvements d’extrême droite gagnent de plus en plus en puissance.

La réunion des deux chemins

Dans les deux cas on a une perte de sens, car l’éthique, la morale ne peut être inclue a la nature monologique et le “je”, la conscience est totalement ignorée. La douloureuse naissance de la conscience de soi dans la modernité (donc après séparation des 3 grands) est une partie nécessaire de l’éveil de l’Esprit. Nous, modernes, devons traverser ce feu.

Il n’y a pas besoin de privilégier son autonomie (EGO) a son authenticité, sa globalité (ECO), car dans sa forme finale, l’esprit est parfaitement autonome et authentique, car rien ne lui est extérieur (niveau de conscience causal ou non duel).

Inclure les 3 grands pour réussir à régler les enjeux culturels et environnementaux implique :

  • De rejeter la terre plate (le langage monologique )
  • De trouver une place pour la morale et les arts dans la société

Cela permettra d’inclure le cartographe dans les “cartes du monde” érigées par les lumières, tout en conservant le point de vue mondocentrique.

 

Le piège de la progression spirituelle

Nous pouvons vivre des expériences spirituelles, mais nous avons du mal à les interpréter et surtout à réagir en fonction avec les 4 cadrans.

Par exemple si je vis une expérience spirituelle je peux :

  • Me dire qu’il faut que je développe mon “moi” spirituel qui me permettra de régler tous mes problèmes. Le reste du monde pourra bien se débrouiller tout seul. Adieu nature et culture. On manquera de cohérence avec les autres cadrans. Or il faut être aux mêmes niveaux dans tous les cadrans pour “passer au stade supérieur”. Contacter le soi supérieur n’est pas la fin des problèmes. C’est le début d’un nouveau, immense et difficile travail qui doit être accompli dans tous les cadrans. Si on ne se concentre que sur un cadran, on risque de tomber malade, tenir toutes ses relations en échec, ou encore perdre son emploi.
  • Je vis cette expérience dans la nature et je me dis qu’il faut que tout le monde fasse un avec la nature comme je l’ai expérimenté et le monde sera sauvé. Mais c’est oublier tout le processus de transcendance qui m’a permis inconsciemment de vivre cette expérience et donc tout le monde ne pourra pas la vivre donc mon plan est voué à l’échec. De plus je traduirais la plupart du temps cette expérience dans des termes monologique ce qui ne permettra pas aux autres d’atteindre mon niveau de conscience puisque la carte que je leur donne est fausse. C’est le problème des écoromantiques cité précédemment.
  • Il y a également le fait que le multiculturalisme (conscience de niveau 5) s’autosabote qu’on a abordé précédemment.

Le problème lorsqu’on atteint des niveaux de conscience supérieurs c’est qu’on se soucie moins du monde, moins des autres cadrans (comportemental, culturel, social), car notre découverte du côté spirituelle est immense. Or ils sont nécessaires à continuer la progression.

En fait c’est véritablement l’inverse qui devrait se passer. Plus on grandit spirituellement, plus on se rend compte que nous sommes le monde et que nous devons en prendre soin.

Le futur du monde

Religion et postmodernité

Les principales religions ont tendance à détester la modernité. Elles souhaitent la plupart du temps un retour à l’époque mythique ou encouragent un développement de la conscience dans le futur sans même avoir compris les enjeux de la modernité.

Les bienfaits de la modernité ont apporté des mouvements de libération (abolition de l’esclavage, émancipation de la femme, démocratie libérale) par la pratique de la vision mondocentrique. Le monde a atteint un degré de paix et de liberté jamais atteint. Le retour au mythique où les conditions de vie étaient déplorables, mais où les religions promettaient un paradis après la mort est-il souhaitable ? Bien sûr que non.

Les autorités religieuses dénoncent les désastres du monde moderne sans voir que c’est un passage obligé pour construire un monde meilleur. Enfermé dans leur vision agraire, où tout est donné d’avance par un dieu ethnocentrique, patriarcal, raciste, sexiste et militant. Être en désaccord avec cette vision “donnée” d’avance c’est être en désaccord avec ces religions.

Ces religions ralentissent le passage du monde à une vision mondocentrique, car la modernité n’acceptera jamais l’esprit comme étant la vision mythique agraire que promeuvent ces religions. La vision qu’on a de la spiritualité aujourd’hui est dépassée et c’est pour ça que les personnes l’évitent et restent à des niveaux de conscience peu élevés.

À l’aube d’un nouveau niveau de conscience sociétal

Dans le cadran inférieur droit, nous sommes déjà passés par les bases technico-économiques suivantes :

  • Chasseur cueilleur
  • Horticole
  • Agraire
  • Industriel
  • Informationnel primitif

Un nouveau centre de gravité socioculturel émerge lentement – la société logique-visionnaire informationnelle, avec une vision du monde existentielle ou aperspective (inférieur gauche) établie sur une base techno-économique de transfert digital de l’information (inférieur droit), et un moi centaurique (supérieur gauche) qui doit intégrer matière, corps et mental – intégrer la physiosphère, la biosphère et la noosphère – pour que son comportement (supérieur droit) soit en adéquation fonctionnelle avec le nouvel espace/monde. Nous en sommes là et avançons par à-coups.

Les inégalités de niveau de conscience

L’enjeu est grand parce que passer à un niveau supérieur implique que chaque être humain devra rejoindre ce niveau supérieur sachant que nous commençons tous au niveau 1 à chaque fois. Or plus il y a de niveaux verticaux de croissance dans une culture, plus il y a de choses qui peuvent mal se passer.

Plus grande est la profondeur d’une société, plus grand est le fardeau qui pèse sur l’éducation et la transformation de ses citoyens.

Notre société peut souffrir de diverses maladies que les premiers chasseurs-cueilleurs n’auraient, littéralement, pas pu imaginer.
Exemple : La recherche de sens à son existence serait une futilité pour nos ancêtres.

De ce fait le problème principal des pays occidentaux est l’écart entre riche et pauvre. Mais pas tant le côté monétaire. Ce qui cause le plus grand souci, c’est l’écart culturel, l’écart des valeurs, des profondeurs. Cela créer des tensions culturelles et les gens marginalisés se sentent trahis dans leurs valeurs, même ce qui peut déclencher des guerres civiles.

Le problème c’est que nous ne pouvons même pas réfléchir à ce problème d’écart culturel, car nous vivons encore en terre plate et en terre plate les niveaux de consciences n’existent pas, donc les niveaux culturels non plus.

La solution est toujours la même : reconnaître le mental et le culturel et parler dans un autre langage que le monologique pour décrire ces deux entités.

Au final les problèmes culturels et environnementaux sont les mêmes. Leur résolution dépend de l’atteinte d’un mode de pensée mondocentrique par une majorité de personnes, mais l’atteinte de celle-ci présente de nombreux enjeux.

Axiologie environnementale

Ils existent différentes valeurs environnementales :

  1. La bioegalité : tous les holons vivants sont d’égale valeur. Elle est majoritaire chez les écoromantiques.
  2. La variation des droits des animaux : certains droits fondamentaux sont accordés aux animaux doués de sensibilité.
  3. Approche holistique. Plus l’entité est complexe, plus elle a le droit à des droits.
  4. Intendance : seuls les humains ont des droits qui incluent le soin et l’intendance de la terre.

L’approche de Ken Wilber est l’approche holistique qu’il détaille en distinguant 3 types de valeurs :

  • Valeur fondamentale : tous les holons sont égaux.
  • Valeur intrinsèque (droit) : mais en tant que tout, chaque holon a une profondeur particulière. Plus sa profondeur est grande, plus sa valeur intrinsèque est élevé.
    Par exemple : un singe à une plus grande valeur intrinsèque qu’une carotte car plus de sensibilité et de conscience
  • Valeur extrinsèque (responsabilité) : chaque holon fait partie d’un autre tout et a de ce fait une valeur extrinsèque.
    Par exemple : Un atome a plus de valeur extrinsèque qu’un singe, car si on l’enlève, tous les holons d’au-dessus s’effondrent.

Droits et responsabilité humaine

L’auteur fait alors une explication plus en détail du droit et de la responsabilité humaine par rapport à son approche holistique de l’environnement.

Parce que les êtres humains ont relativement plus de profondeur que beaucoup d’autres entités, ils ont plus de droits. Il y a plus de conditions nécessaires pour maintenir la totalité d’un humain – mais nous avons aussi beaucoup plus de responsabilités, pas seulement envers nos propres sociétés humaines, celles dont nous sommes les parties, mais aussi envers toutes les communautés dont nos propres sous-holons sont des parties. Nous existons au sein de réseaux de relations avec des holons dans la physiosphère, la biosphère et la noosphère, et nos droits relativement plus grands exigent absolument des responsabilités relativement plus grandes dans toutes ces dimensions.
Exemple : la physiosphère et la biosphère, certains de nos sous-holons dépendent de nos actions. SI nous ne prenons pas nos responsabilités pour les préserver, notre espèce court à sa perte comme les Mayas qui détruisirent la forêt tropicale.

Ne pas s’acquitter de ces responsabilités signifie ne pas remplir les conditions dans lesquelles nos holons et sous holons peuvent exister en communion et cela signifie notre propre destruction.

On revendique souvent des droits sans réclamer les possibilités. C’est ce qu’on fait en ce moment avec la planète.

Cela est valable aussi pour la culture. Tout le monde veut être (égocentriquement) un tout et de ce fait, avoir des droits, mais personne ne veut être une partie (de la société) et avoir des responsabilités.

Mesure mise en place en adéquation avec ces valeurs environnementales

En répondant à nos besoins vitaux, consommons ou détruisons aussi peu de profondeur que possible. Promouvoir ainsi autant de profondeur que possible. Par exemple : Préférons donner un coup de pied à une pierre plutôt qu’à un singe, manger une carotte plutôt qu’une vache

Préserver la profondeur sans sacrifier l’étendue

Cependant en faisant ça on ne privilégie qu’une plus grande profondeur alors que nous on veut une plus grande profondeur ET une plus grande étendue. Lorsque l’intuition spirituelle est clairement appréhendée, elle l’est comme un désir d’étendre la profondeur du “Je” a l’étendue du “nous” en tant qu’état de chose objective (cela). Donc plus un holon va être profond, plus il va essayer d’étendre son intuition spirituelle aux holons qui l’entourent.

Il ne faut pas sacrifier l’étendue (le nombre de mêmes holons à un même niveau de profondeur) sous prétexte qu’ils sont inférieurs.
Par exemple : S’il faut choisir entre tuer 12 singes et tuer Al Capone. Tuons Al Capone.